Les yeux jaunes des crocodiles - KATHERINE PANCOL

Les yeux jaunes des crocodiles - KATHERINE PANCOL
Elle était restée derrière. Seule. Sa mère ne s'était pas retournée. Elle l'avait vue tenter de franchir plusieurs fois le rouleau de vagues. Plusieurs fois elle avait été rejetée, mais elle était revenue à l'assaut, traînant Iris inconsciente sous son bras. Elle les avait vues franchir la barre. Elle avait aperçu son père qui criait sur la plage. Elle avait eu de la peine pour lui et elle avait imité sa mère, la brasse sur le côté de sa mère, le bras en avant qui cherchait le rivage, la tête sous l'eau, elle était repartie à l'assaut des rouleaux qui devenaient de plus en plus gros. Elle buvait l'eau salée, la recrachait, le sable dans les vagues lui rayait les yeux. « Pas pleurer, elle se répétait, pas pleurer, je vais perdre mes forces si je pleure. » Elle se souvenait très bien très bien de cette phrase, « pas pleurer, pas pleurer » ... Elle dut s'y reprendre à plusieurs fois avant qu'une vague ne la cueille et ne la jette sur la plage, aux pieds de son père qui était entré jusqu'à mi-corps dans l'eau et lui tendait la main en hurlant son nom. Il l'avait arrachée à la vague et l'avait emportée contre lui en répétant « criminelle, criminelle, criminelle ». Elle ne se souvenait plus de ce qu'il s'était passé après. On n'en avait plus jamais reparlé.
Elle regarda la noyée dans le miroir. Pourquoi tu te fais du souci, dit-elle à la fille dans la glace, tu t'en es sortie ce jour-là, tu aurais dû mourir, mais une main est venue te cueillir sur cette vague et t'a déposée sur le rivage : alors n'aie pas peur, n'aie plus jamais peur, tu n'es pas seule, Joséphine, tu n'es pas seule.
Elle eut soudain cette certitude : elle n'était pas seule.
Tu survivras à ce regard de Luca, tu survivras comme tu as survécu au regard de ta mère qui t'a abandonnée, sans se retourner.
Elle se sécha le visage avec une serviette, remit de l'ordre dans sa coiffure, de la poudre sur son nez.
Une petite fille l'attendait dans le hall de l'hôtel. Sa petite fille à elle, son amour. La vie avait continué après, la vie continue toujours. Elle te donne des raisons de pleurer et des raisons de rire. C'est la vie, Joséphine, fais-lui confiance. C'est une personne, la vie, une personne qu'il faut prendre comme partenaire. Entrer dans sa valse, dans ses tourbillons, parfois elle te fait boire la tasse et tu crois que tu vas mourir et puis elle t'attrape par les cheveux et te dépose plus loin. Parfois elle t'écrase les pieds, parfois elle te fait valser. Il faut entrer dans la vie comme on entre dans une danse. Ne pas arrêter le mouvement en pleurant sur soi, en accusant les autres, en buvant, en prenant des petites pilules pour amortir le choc. Valser, valser, valser. Franchir les épreuves qu'elle t'envoie pour te rendre plus forte, plus déterminée. Après cette baignade dans les Landes, elle avait travaillé comme une acharnée, s'était immergée dans ses études, avait construit sa vie. Une autre vague avait emporté Antoine mais elle avait survécu. Il y aurait d'autres vagues encore, mais elle savait qu'elle aurait la force de les passer et que toujours, toujours elle serait repêchée. C'est ça la vie, se dit-elle avec certitude en se regardant dans la glace. Des vagues et des vagues.
Elle regarda la fille dans la glace. Elle souriait, tranquille, apaisée. Elle respira un bon coup et retourna chercher Hortense.






Joséphine resta un moment sans bouger dans le canapé. Maintenant, tout le monde sait. Elle se sentit soulagée. Elle allait redevenir propriétaire de sa vie. Elle n'aurait plus à mentir, à se cacher. Elle allait pouvoir écrire. En son nom. Cela lui faisait un peu peur mais elle se dit aussi qu'elle n'aurait plus de prétexte pour ne pas essayer. « Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, mais parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles. » C'était le vieux Sénèque qui avait dit ça. C'était la première citation qu'elle avait recopiée quand elle avait commencé ses études. C'était déjà pour se donner du courage... Et voilà, se dit-elle, je vais oser. Grâce à Hortense. Ma fille me met le pied à l'étrier. Ma fille, cette étrangère que je ne comprends pas, me force à me dépasser.
Ma fille qui ne respecte ni l'amour, ni la tendresse, ni la générosité, ma fille qui aborde la vie un couteau entre les dents me fait un cadeau que personne ne m'a jamais fait. Elle me regard, elle me soupèse et elle me dis vas-y, reprends ton nom, écris, tu peux le faire ! Tiens-toi droite et fonce ! Si ça se trouve, bégaya Joséphine, elle m'aime, elle m'aime à sa façon mais elle m'aime...





Elle ne sait pas, vous savez, elle est si jeune, elle n'a pas encore touché la vie. Elle croit tout savoir, elle juge, elle me juge... C'est de son âge, c'est normal. Elle aurait préféré avoir Iris comme mère ! Mais qu'est-ce qu'elle a de plus que moi, Iris ? Elle est belle, elle est très belle, la vie lui est facile... C'est cette petite différence-là qu'elle voit, ma fille. Et elle ne voit que ça ! Ce petit plus qui est si injuste, qu'on reçoit à la naissance, on ne sait pas pourquoi, et qui facilite toute une vie ! Mais la tendresse, l'amour que je lui porte depuis qu'elle est née... Elle le voit pas. Pourtant elle en est pétrie ! Cet amour que je lui donne depuis qu'elle est toute petite, cet amour qui me faisait me relever la nuit quand elle faisait un mauvais rêve, qui me nouait le ventre quand elle rentrait triste de l'école, qu'on lui avait mal parlé, qu'on l'avait mal regardée ! Je voulais prendre toutes ces souffrances pour qu'elle n'ait pas de peine, qu'elle aille de l'avant, insouciante et légère... J'aurais donné ma vie pour elle. Je le faisais avec maladresse, mais c'est parce que je l'aimais. On est toujours maladroit avec les gens qu'on aime. On les écrase, on les encombre avec notre amour... On ne sais pas y faire. Elle croit que l'argent peut tout, que l'argent donne tout, mais ce n'est pas l'argent qui faisait que j'étais là quand elle rentrait de l'école, tous les jours, que je préparais son goûter, que je préparais son dîner, que je préparais ses affaires pour le lendemain pour qu'elle soit la plus belle, que je me privais de tout pour qu'elle ait ses belles tenues, de beaux livres, de belles chaussures, un bon steak dans son assiette... que je m'effaçais pour lui laisser tout le place. Ce n'est pas l'argent qui donne ces attentions-là. C'est l'amour. L'amour qu'on verse sur un enfant et qui lui donne sa force. L'amour qu'on ne compte pas, qu'on ne mesure pas, qui ne s'incarne pas dans des chiffres... Mais elle ne le sait pas. Elle est trop petite encore. Elle le comprendra un jour... Faites qu'elle le comprenne et que je la retrouve, que je retrouve ma petite fille ! Je l'aime tant, je donnerais tous les livres du monde, tous les hommes du monde, tout l'argent du monde pour qu'elle me dise un jour « maman, je t'aime, tu es ma petite maman chérie »... Je vous en supplie, les étoiles, faites qu'elle comprenne mon amour pour elle, qu'elle ne le méprise plus. Ce n'est pas dur pour vous de faire ça. Vous voyez bien tout l'amour que j'ai dans le c½ur, alors pourquoi elle le voit pas, elle ? Pourquoi ?
Elle laissa tomber sa tête entre ses mains et resta là, penchée sur le balcon, priant de toutes ses forces pour que les étoiles l'entendent, pour que la petite étoile au bout de la grande casserole se mette à scintiller.
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# Posté le mercredi 18 octobre 2006 15:14

Mardi 24 octobre 2006

Ras le bol de tout ça. J'en ai trop marre. Je viens de revoir ma cousine avec ses 3 enfants. Ils sont restés pdt plusieurs jours et c'était vraiment génial avec eux. Mais là, il vienne juste de partir pour Singapour et je sais que je ne les reverrai pas de si tôt et ça me déprime trop. Et puis il y a un bazard pas possible dans ma fac à cause d'un prof qui est accusé de choses horribles ! Je n'ai pas le droit d'en parler donc je ne le ferais pas mais bon c'est pour dire que c'est fou tout ce qu'il peut arriver sur cette planète de m.... !
Et puis ce prof était le seul que j'aimais et forcément, il part. Pffffffff j'ss blasée et pommée aussi :-(
Et aussi, je viens d'apprendre à la minute même qu'une de mes meilleures amies vient de se faire plaquer par son copain qu'elle aime plus que tout.
Putain, la vie est vraiment naze parfois. ZUT A LA FIN !!!!

# Posté le mardi 24 octobre 2006 11:28

Modifié le mercredi 06 décembre 2006 16:42

Jeudi 26 octobre 2006

Enfin la soirée d'intégration, cette soirée tant attendue par toutes les premières années ! Ca y est, je viens de rentrer chez moi après avoir passé plusieurs heures avec les étudiants de ma fac.
Les secondes années avaient réservés un bar rien que pour nous et nous avons donc bu et dansé. Sympa. Puis on a commencé à parler à pas mal de monde.
Finallement, avec un groupe, nous sommes allés à la Bodéga mais vu qu'il fallait payer, nous avons choisi le Shangaï. Là on a dansé jusqu'à ce qu'on sorte pour aller, après hésitations, chacun chez soi.
C'était sympa cette soirée même si on ne se connait pas tous, ça a permis de faire plus ample connaissance avec ceux qu'on connaissait déjà et de parler avec ceux qu'on connaissait de vue. Cool. Et puis il y a eu un couple de former ... hihi

# Posté le jeudi 26 octobre 2006 15:18

Modifié le mercredi 06 décembre 2006 16:49

Diddl

Diddl
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# Posté le dimanche 29 octobre 2006 06:01

Chica

Chica
Frangins, je vous aime. Que serais-je sans vous ? Même si je ne vous vois qu'une ou deux fois par an, vous êtes dans mon coeur et pour toujours ...
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# Posté le mardi 31 octobre 2006 18:20